Conseils & bons plans

Cap ou pas cap : écrire un discours

Un article de Mademoiselle Pamplemousse

Coucou ma paillette ! Je reviens aujourd’hui te parler de …. Discours ! Le discours est un incontournable des mariages auxquels j’ai assisté. Il se décline sous toute ses formes, déclamé par les parents des mariés et/ou leurs témoins, leurs amis proches, leurs fratries, leurs cousins… Dans notre vision familiale de cette fête pour le beau jour de mon frère, il était indispensable pour mes sœurs et moi d’en faire un.

Crédits : Photo de KoolShooters sur Pexels

J-8 mois :

Mademoiselle Prof et moi cavalons sur la départementale provençale dans un splendide cabriolet loué totalement par hasard sur getaround pour l’occasion. Nous revenons du mariage de notre cousin, très belle fête sous une sublime tente berbère et les discours ont brillé : incisifs, touchants, surprenant, émouvant … Nous débriefons rapidement de ce que nous en avons pensé. Ma sœur apprécie le fait qu’il n’y ai pas eu de rétroprojecteur, estimant par expérience, que cela apporte finalement peu de choses à un discours et n’est pas toujours bien visible des invités. Elle me dit ensuite qu’il faudra bien anticiper le nôtre pour le mariage de notre frère, Monsieur Poum . En effet, on veut lui faire honneur et éviter d’écrire un vieux texte à l’arrache la veille de la noce comme on le voit trop souvent par ailleurs. Je la rejoins tout à fait dans cette logique.

J-6 mois

Suite à cette discussion laissée dans un coin de ma tête, je sors une feuille, un stylo, et je gribouille tous les souvenirs que je peux avoir avec mon frère, et ceux de notoriété publique qui ne me concerne pas forcément, mais à rappeler au bon souvenir de mes sœurs.

J-4 mois

Un ange passe – RAS. Par des petites phrases anodines, je comprends que mes sœurs redoutent un peu ce discours, estimant que notre frère n’a aucun humour et que si on dit quelque chose de travers, il ne sera pas content. Je les trouve un peu coincées, je pense au contraire que l’on peut user d’un humour certes un peu plus subtil que de simples mauvaises blagues, mais rien de difficile. J’essaie de les rassurer tant bien que mal.

J-2 mois 

Mes sœurs et moi sommes réunies en vacances chez nos parents, sans mon frère. Je propose alors de prendre un peu de temps pour s’occuper du discours. Et évidemment, personne ne lève le petit doigt. Tu le vois venir, non ?

J-1 mois

Un peu agacée par la non-réaction de mes camarades, je me décide à écrire de mon côté et tant pis pour elles. Je rédige des brouillons et des ébauches de texte.

Le temps passe –
Crédits : Photo de Ivan Samkov sur pexel

J-7

Mademoiselle Touche-à-Tout m’envoie un message : « heuuuu, au fait on fait quoi pour le discours de M. Poum ? ». Tiens, y en a une qui se réveille ! Je lui réponds que j’avais déjà commencé de mon côté, lui suggérant de rédiger une liste de souvenirs comme je l’avais fait.

J-3

Quel timing !

Mademoiselle Prof créée une conversation whatsapp en nous demandant si on a des idées pour le discours. Never too late, il faut croire. Je lui réponds la même chose qu’à Mademoiselle Touche-à-tout, puis je leur soumet mes premiers textes. Mademoiselle prof propose de rédiger des vers, je suis pour ma part dubitative, ayant peur d’être trop contrainte par l’exercice.

J-2

J’ai retrouvé ma belle-sœur, Mademoiselle Fonceuse, et sa famille la veille. Je suis venue leur donner un coup de main pour la mise en place du mariage. Je t’en parlerai dans une future chronique, ce fut un beau moment ! Bien occupées que nous sommes, je consacre en fin de compte peu de temps au discours. Les frères de Mademoiselle Fonceuse, eux, le retravaillent encore et encore, calculant un timing de 15 minutes. On a pas du tout la pression, nous. Et pas de nouvelles de mes sœurs de la journée, pour tout arranger.

J-1

Mademoiselle Prof, à peine assise dans son train, nous relance avec ses parties. Elle avance vaillamment, au rythme de la locomotive (enfin, j’imagine, dans un élan lyrique, je n’étais pas avec elle hihi). Voyant la joliesse de ses phrases, je me motive à proposer des alexandrins à mon tour. Après avoir récupéré tout le monde à la gare, conseil de guerre : nous mettons en commun nos parties et structurons le discours, écartant les parties superflues ou trop subtiles. Nous désirons tout de même que la majorité des convives puisse suivre notre discours, quand bien même il s’adresse d’abord à Monsieur Poum et Bientôt-Madame Fonceuse-Poum.

Frénésie de rédaction
Crédits : Photo de Vlada Karpovich sur Pexels

Jour J

Lever aux aurores (ou presque), nous avons RDV chez le coiffeur. Avant cela, nous faisons une dernière réunion au sommet pour les ultimes recommandations de rédaction. Nous terminons nos écrits chez le coiffeur, chacune dans son fauteuil. Au retour, chronométrage et derniers ajustements tandis que nous enfilons nos habits de lumières avant le grand moment. Puis le tourbillon de la fête nous entraîne : messe, cocktail, dîner. Et voici notre tour ! Le public est attentif, nous sommes concentrées sur nos textes, j’ose à peine regarder mon frère. Voici un extrait de ma partie :

« Cela commençait par une rencontre au sommet,
Grand Poum crapahutant par delà les sentiers
Embarquant avec lui ses sœurs dans les montagnes.
Bien souvent, ma paresse me soufflait de dire non !
Mon orgueil révolté me poussait à la gagne,
Je suivais alors mon grand par vaux et par monts.
Merci, cher Poum, par toi je me suis dépassée,
Tel le scout que tu fus et qui m’a inspirée

[…]

Néanmoins, chère belle-sœur, prends garde à son absence,
La perte d’habitude se fait tout en puissance :
Très vite incapable de vider le lave-vaisselle
« Je n’habite plus ici, j’ignore où est le sel »
Je me retrouvais seule à ranger la maison
Stupéfaite et surprise devant un tel aplomb »

Mes sœurs et moi en action
Crédits photo : Albane de Marnhac

Hé bien quel succès mes amis ! Mon frère fut très touché, ému, et à la fois étonné et amusé de découvrir les moments de vie qui nous avaient plus marqués.

La suite de la soirée nous vit recevoir de nombreux compliments de la part de nombre d’invités de tous les âges et toutes les origines, dont certains pour lesquels je suis incapable de dire de qui il s’agissait.

Je crois qu’on peut dire : écrire un discours ? Cap !

(bon on rigole, on rigole, mais il va bientôt falloir se mettre sur celui de Mademoiselle Prof, M-2 à l’heure où j’écris ces lignes, et évidemment, rien du tout n’est encore lancé… bis repetita…)

Et toi ma paillette ? Ya-t-il une tradition de discours dans ta famille ? Plutôt pendant la cérémonie ou la soirée, ou les deux ?

A propos de l'auteur

Ni mariée, ni fiancée, ni même en couple... Et pourtant adepte des célébrations de l'amour ! J'entoure mes amis (beaucoup), mes cousins (nombreux) ainsi que mon grand frère (le seul et l'unique) et ma grande soeur (la seule et l'unique) dans cette belle aventure du mariage. DIY, Reflexions, Astuces organisation, shopping et papote sont au programme !
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8 Commentaires
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Madame [ɑ̃]ncre
4 mois il y a

Il semblait très beau ce discours, bravo Mlle Pamplemousse ! Je comprends que ton frère ait été touché. Et j’ai hate de te relire !

Mademoiselle Poison Elfie

Bravo Mlle Pamplemousse !! 😀

Mademoiselle Flocon
2 mois il y a

Qu’est-ce que j’ai ri en lisant ta chronique ! Il a eu l’air très beau ce discours, bravo à toutes les 3 et courage pour le prochain 😉

Mademoiselle Chocolatine Ovale

Très beau discours et bravo pour l’écriture en vers 😊