Bavardages

Quand le projet de naissance semble être une bonne alternative (Part 1)

Une chronique de Madame [ã]ncre

Tu dois te demander, petite Chaussette à paillettes : une bonne alternative, oui, mais à quoi ?

Et bien à rien du tout.

Partie 1 : Qu’est ce donc ?


Peut-être le sais-tu, je suis l’heureuse Maman (chérie d’amour adorée de tout leur cœur – c’est ma grande qui le dit O:) -) de deux petites filles, dont l’une n’est plus si petite que ça. J’ai donc accouché deux fois (je compte encore bien) dont une première fois il y a maintenant 9 ans. Ça commence à remonter, et à cette époque-là, même si j’étais bien plus intéressée par le monde de la grossesse que pour ma seconde, je n’avais pas entendu parler de cette chose : Le projet de Naissance.

Photo de Jessica Lewis Creative provenant de Pexels

Parenthèse Flash-Back

Il y a 9 ans, je m’étais inscrite sur un forum de femmes enceintes, où toute une discussion avait été ouverte pour les enfants qui devaient naître le même mois. C’est donc tout naturellement que je m’étais inscrite, tout comme une bonne vingtaine d’autres futures mamans. Pouvoir discuter entre nous sur un sujet tel que celui-là, quand nous étions toutes primipares, c’était non seulement indispensable mais aussi hyper rassurant. Bien sûr, nous étions toutes différentes, nous avions toutes une vision de l’accouchement et de ce qu’on souhaitait qui pouvait sembler, de manière générale, très semblable, et pourtant, en creusant, nous avions toutes des envies différentes sur pas mal de sujets. Nous venions toutes d’univers différents, de cultures différentes, de milieux sociaux différents, nous avions entre 18 et 38 ans, nos couples étaient formés depuis 6 mois ou depuis 20 ans, bref, nous n’étions pas faites pour nous rencontrer, et pourtant nous avions un point commun : nous étions dans l’inconnu absolu. Notre corps se transformait sans que nous sachions exactement à quoi nous attendre, et nous avions un besoin vital et viral de communiquer avec des personnes qui vivaient la même chose que nous. C’est sur ce forum que j’ai rencontré mes deux meilleures amies, celles qui ont été, 7 ans après, mes témoins de mariage parfaites, celles qui ont tout connu de ma vie pendant, puis après l’arrivée de ma grande toute petite fille. Celles qui ont été là, jour et nuit.

Parenthèse ouverture du parchemin des mille possibilités

Sur ce forum, donc, j’ai pu commencer à percevoir les différentes possibilités qui s’offraient à moi pour mon accouchement à venir. Car NON, tous les accouchements ne se passent pas de la même manière : je vais à la maternité quand j’ai trop mal, on me pose la péri, on me met les pieds à l’étrier, on me dit poussez madame, je hurle, poussez madame, je hurle, poussez madame, bébé hurle, bravo, c’est fini, à bientôt, au revoir, arrivederci, ha det, sayonara !

Non.

Ne pas avoir le choix…

Premièrement, il y a ce que l’on veut, et ce que l’on peut. Les choses que l’on peut prévoir, et les choses qui nous tombent dessus sans qu’on ne les ait choisies. Mais si on ne les a pas choisies, on peut aussi se préparer, psychologiquement, à toutes les éventualités.

Par exemple, la césarienne.

Par exemple, le fait de ne pas pouvoir avoir de péridurale parce que c’est trop tard.

Par exemple le fait que bébé n’arrive pas à sortir et qu’il faille l’aider.

Par exemple, la possibilité d’avoir des déchirures et/ou une épisiotomie.

Par exemple, le fait de faire caca sur la table d’accouchement. (Oui il fallait que j’en parle 😀 )

Bref, tout ça, ce sont des choses que l’on ne maitrise pas, et qui sont psychologiquement très, très, très difficiles à accepter, et qui peuvent tout simplement vous faire sombrer dans une dépression post-partum qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. Je pense donc qu’il faut se préparer à toute éventualité. Comme pour l’organisation d’un mariage, prévoir un plan A, puis un plan B, puis un plan C, puis…. Et se dire que de toute façon, advienne que pourra, et que quoi qu’il en soit…

Les césariennes, ce n’est jamais facile. il faut s’y préparer psychologiquement, et ne pas hésiter à en parler si on l’a mal vécu
Photo de Vidal Balielo Jr. provenant de Pexels

Quoi qu’il en soit, on aura fait de notre mieux.

Ça, ce sont les choses pour lesquelles nous n’avons pas de choix, ce sont les choses qui ne sont pas maitrisables.

… Et avoir le choix

Mais il reste ce qui EST maitrisable, ce que toi, tu as envie de vivre, la manière dont TOI, tu vois ton accouchement. Et c’est là que j’ai commencé à entrevoir vaguement ce qui pouvait être mon choix, c’est là que j’ai commencé à m’intéresser à la manière dont je voulais que mon accouchement se déroule. J’ai commencé à entrevoir les différentes positions d’accouchement, plus ou moins physiologiques, qui nous amènent très vite vers les accouchements plus naturels ou plus médicalisés, selon nos envies.

Pour commencer, il y a différents lieux où l’on peut accoucher et j’en fais une liste courte, non exhaustive, et tout ne sera pas répertorié ici parce que bon, c’est intéressant Madame [ã]ncre mais c’est pas le sujet hein ! :

  • Les maternités : Elles sont de niveau 1 à 3 selon si ton accouchement est à risque ou non. Tu seras accouchée par un.e gynéco et/ou par une.e sage-femme
  • Les maisons de naissance : comme son nom l’indique, la maison de naissance est un lieu cocon, non médicalisé, où tu seras accouchée par une sage-femme. Qui dit non médicalisé, dit que cela nécessite que ton accouchement se passe sans heurts. Sinon tu seras immédiatement transférée en maternité. C’est un lieu où très généralement, tu as plein de matériel (non médical) pour arriver à te détendre le plus possible, pour te relaxer, afin d’atténuer au mieux la douleur, tout ça bien entendu, de manière douce, non invasive, et selon tes propres choix et envies sur le moment.
  • Ta maison à toi, ton lit, ta vie : comme pour les maisons de naissance, tu es prise en charge par une sage-femme qui t’aura suivi tout au long de ta grossesse, tu accouches chez toi, sans moyens médicaux, et donc là aussi, il faut que tout se passe sans aucun problème pour toi et pour bébé, sinon tu passeras par la case maternité (sauf si tu accouches chez toi parce que coucou bébé a décidé d’arriver là. Tout de suite. Maintenant.)

Ensuite il y a les différentes positions. La position sur le dos, les pieds dans l’étrier pour accoucher, c’est une position, la plus connue et la plus utilisée, mais ce n’est pas la seule. Tu peux en choisir d’autres, et ce, même si tu es en maternité : position sur le côté, à quatre pattes, accroupie, …
C’est ton choix. C’est toi qui choisis selon ce que tu auras lu sur le sujet tout au long de ta grossesse, selon comment tu le sens, mais surtout, comment tu te sentiras au moment T ! Tu as le droit de changer d’avis, tu as le droit d’avoir décidé d’une position il y a 6 mois, et te rendre compte, au moment où ton bébé est prêt à arriver, que non, là ça ne va pas le faire !

Bref, je t’ai fait une liste très courte et non exhaustive des choses pour lesquelles tu peux choisir, et tu verras en te renseignant, sur le net mais également auprès des sages-femmes, que les choix sont multiples. C’est maintenant à toi de réfléchir à ce dont tu as envie, à ce qui est pour toi fondamental, ce que tu aimerais, ce que tu veux absolument, ou ce que tu ne veux absolument pas. Mais pour ça, il faut que tu fasses un travail. Ton travail de recherche et d’introspection. Et là, c’est TON choix. Pas celui de ton mari, ton conjoint, ta femme, ta conjointe. Pas celui de ta mère ou de ta belle-mère non plus. Ni celui du voisin, de la cousine par alliance du beau-frère de ta grande tante par alliance ou de la factrice qui a eu 12 enfants.

Ni celui de ton gynécologue ou de ton médecin traitant.

Non. Ton corps. Ton choix.

Crédit photo : photo personnelle

Fin de la (longue) parenthèse, revenons à nos brebis :

Il y a neuf ans, donc, je commençais vaguement à m’intéresser aux médecines douces, aux alternatives possibles non médicamenteuses, ou moindres, et j’ai commencé à me créer des choix. J’accoucherai seule (sans le père de ma fille), j’accoucherai sur le côté, je choisirai la péridurale.

Et roule ma poule.

Ça commence à remonter mais il me semble que je m’étais contentée, à l’époque, d’en parler de vive voix, le jour J, à la sage-femme de garde. J’ai eu beaucoup de chance car pour moi les choses se sont merveilleusement passées et mes choix (réduits, puisque seule la position pouvait éventuellement sortir de l’ordinaire) ont été respectés. À l’époque, je n’avais pas cherché beaucoup plus loin, et tout cela m’avait suffi. Et je n’avais jamais entendu parler du terme « Projet de naissance » ou bien de loin, et de manière assez méfiante, en me disant « qu’est-ce que c’est que ce truc de casse-noisettes qui n’y connaissent rien et qui veulent être accoucheuses à la place de l’accoucheuse ». Quelle sale petite branleuse qui n’y connaissait rien à la vie 😀

J’ai bien changé depuis, et je suis beaucoup moins dans le jugement, je te rassure 😉

La preuve, pour ma deuxième petite brebinette, j’ai rédigé une longue lettre.
Mais ça, je te le raconte la prochaine fois, avec un bond dans le futur de huit années !

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Mademoiselle Flocon
7 mois il y a

J’ai déjà hâte de lire la suite Madame [ɑ̃]ncre, je pense que c’est très intéressant de pouvoir faire ce parallèle entre tes deux accouchements, tes différentes envies etc 🙂