Bavardages

Celle qui avait décidé de donner ses ovocytes (Part. 3)

Une chronique de Madame [ã]ncre

Bonjour Petite Paillette ! Je reviens vers toi aujourd’hui pour te parler de la suite de mes aventures au pays des ovocytes 🙂

Voilà, le processus a commencé. J’ai revu la médecin, nous avons discuté, de mes résultats d’analyse surtout, et de la suite des évènements. Mes résultats étaient un peu mi-figue mi-raisin. Si mon nombre d’ovaires était tout à fait correct, leur taux de « fécondabilité  » (je ne me souviens absolument plus du terme médical, mais tu as compris le concept) était bof bof. Généralement, si l’un est bon, l’autre aussi, et vice-versa. Moi, je ne fais jamais rien comme tout le monde… Au final, ayant deux enfants, mes ovaires ont fait leurs preuves, j’ai donc eu le GO des grandes instances. Le psy a également indiqué que nous nous étions vus, que j’avais bien compris les tenants et aboutissants et que donc, il n’y avait aucun problème à son avis.

Nous voilà donc parties pour la grande aventure. Je vois des tas de feuilles s’imprimer, des tas d’indications données, mes yeux s’agrandissent.

Photo de Pixabay provenant de Pexels

Jour 1 : J’ai la trouille. J’avais déjà dû me faire des piqures lorsque je m’étais cassé le pied. Des anticoagulants. Une fois je m’étais ratée et j’avais eu un bleu énorme et hyper douloureux. Bref, j’ai la trouille. Mais l’aiguille est vraiment plus petite, plus fine. J’ai facilement mis en place l’aiguille, j’ai oublié de bien suivre la notice qui dit qu’il faut compter 5 secondes en injectant le produit. bon, au moins tout a été injecté. Ça n’a même pas été douloureux. Ouf ! Problème : je n’arrive pas à retirer cette *** aiguille du stylo ! (Le stylo va me servir 3 fois, il y a suffisamment de produit pour me faire trois injections, je dois donc réussir à retirer cette *** aiguille ! Rien à faire, je n’y arrive pas. 30 minutes plus tard, je me résous à aller chercher une pince dans la caisse à outil. C’est bon, pas de casse, l’aiguille est retirée ! #bricolodudimanche

Jour 2 : Je me foire une première fois, l’aiguille est toute de travers. Poubelle. Je sais maintenant comment bien insérer l’aiguille, c’est parti. Cette fois je me pique sur la cuisse droite (hier c’était la gauche) Le problème c’est que sur cette cuisse, j’ai un tatouage qui prend de la place. Il faut que je trouve un bout de peau sans encre. Aïe, j’ai touché une veine. Ça saigne, et je suis quitte pour avoir un bleu. C’est douloureux, mais ça va. J’admire tellement les femmes en parcours fiv.

Symptômes ou effets secondaires : RAS

Jour 3 : J’ai à nouveau la trouille. je ne veux pas me rater ce soir, et j’appréhende. J’installe l’aiguille, j’ai compris le truc maintenant. Je règle le bon dosage, et c’est parti. Aucune douleur, impeccable, me voilà rassurée. Encore une journée de faite !

Symptômes ou effets secondaires : Je sens que mes ovaires travaillent, j’ai mal dans le bas ventre. Je suis de mauvaise humeur, et je commence à avoir mal au crâne. Rien de nouveau sous les tropiques, ce sont mes symptômes habituels. À voir comment ça évolue puisque là, mon ovulation va être méga giga explosive avec tout ça.

Jour 4 : Le stress de la piqure est toujours là. Je suis censée piquer sur la cuisse droite ce soir mais j’ai toujours un bleu là où j’ai piqué avant-hier. je vais donc tenter le bidon, ce qui me stress encore plus… Finalement, easy ! Pas de douleur, ni pendant, ni après, ouf ! Ma toute première piqure du Jour 1 est douloureuse. Pas de bleu, mais dure au toucher. J’imagine que c’est normal…

Symptômes ou effets secondaires : Je commence à avoir bien mal aux ovaires, et ma tête me lance régulièrement. Je pense que je vais commencer à prendre du Doliprane rapidement…

Jour 5 : Je suis fatiguée, j’en ai un peu marre (déjà !). Ce soir je pique dans le ventre, à gauche. RAS, tout s’est super bien passé, Youdelali !

Symptômes ou effets secondaires : Maux de ventre (bigre-diantre-saperlotte ça fait mal), ventre gonflé, maux de crane.

Jour 6 : Les jours se suivent et se ressemblent. La piqure se passe bien.

Symptômes ou effets secondaires : J’ai l’impression que mon ventre est trop plein 😀

Après ça, tout s’accélère. Le lendemain matin, jour 7, j’ai une écho de contrôle. Tout bascule. Deux de mes ovocytes sont déjà très gros, tandis qu’un est moyen et que le reste est encore assez petit. C’est problématique parce que seuls ces 2 (voire 3) ovocytes sont suffisamment mâtures pour servir, mais 3 ovocytes, c’est vraiment peu. C’est le branle bas de combat, il est décidé que le prélèvement aurait lieu le surlendemain. Je n’ai pas encore rencontré d’anesthésiste, je n’ai pas fait les piqures qu’il fallait, c’est le stress total.

Le lendemain matin, j’ai un rendez-vous anesthésiste en visio. Tout se passe bien. Tout est ok, je peux être anesthésiée le lendemain.

Jour J

C’est le grand jour. Je me rends à l’institut seule, le matin, pour 7h. Je suis fatiguée et stressée. Je n’était pas préparée psychologiquement à ce que ça aille si vite, alors je tente juste de me laisser porter. On étudiera les causes et conséquences plus tard.

J’attends que mon tour arrive, en essayant juste de ne pas réfléchir, de rester zen, et de prendre les choses telles qu’elles viennent. Lorsque mon tour arrive, les choses se font rapidement. On me demande de me changer dans une petite pièce, de mettre une tenue d’hôpital au complet, mes vêtements dans un sac qu’on met ensuite dans un placard fermé à clé. Je rencontre l’anesthésiste, absolument adorable, qui me rassure. Tout se passe bien, je suis zen, je me dirige vers le lit sur lequel je serai opérée. L’anesthésiste installe dans ma main l’aiguille, il me parle, me demande de penser à des choses agréables. Je pense à mes filles bien sûr, et puis plus rien.

Je me réveille un peu plus tard, vers 9h30, dans la salle de réveil. J’ai du mal à émerger, mais je vais bien, je n’ai pas mal. On m’emmène dans une chambre, où je me retrouve seule pour me reposer. Une infirmière passe de temps en temps, puis la médecin qui m’a opéré. Elle me donne le bilan de l’opération, m’indique quand je pourrai sortir. Tout va bien, je n’ai toujours pas mal. L’équipe prévient mon mari, qui viendra me chercher vers 11h30.

Je m’en vais, je ne reviendrai certainement plus dans cet institut, je remercie les personnels hospitaliers qui me remercient en retour.

Bilan

Je n’ai eu absolument aucune douleur après cette opération. Ils m’avaient donné des anti-douleurs avant l’opération, qui ont suffit. Mon médecin, qui m’avait suivi jusque là, m’a envoyé un e-mail par la suite pour avoir de mes nouvelles, et un retour sur tout ce processus. J’ai pris le temps de lui répondre. Car après que tout se soit enchaîné, je me suis rendue compte avoir mal vécu cette précipitation. J’ai eu l’impression que mon don n’avait servi à rien. 3 ovocytes? À quoi bon. Et puis finalement, elle m’a rassurée. Nous sommes toutes faites différemment. Nous ne pouvons pas savoir à l’avance comment notre corps va réagir à toutes ces stimulations. Le mien a réagi un peu trop bien.

Aujourd’hui, un mois après, tout va bien. Je me demande parfois si mon don a servi, s’il a mené à une grossesse, mais très vite, cette idée part et je continue ma petite vie. J’aurai fait mon possible pour aider les autres, j’aurai fait ma part, et ça, c’est bien le plus important.

Photo de Lazaro Rodriguez Jr provenant de Pexels

Moi, je croise les doigts…

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